Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité

Est-ce parce qu’Aurélien Barrau est à la fois astrophysicien au CNRS et docteur en philosophie qu’il parle d’écologie avec autant de précision, de conviction, de simplicité et de force ?

Il ne prétend nullement se poser en modèle à suivre et ne veut pas donner de leçons. Il expose simplement, sur une centaine de pages, l’état de notre planète, aujourd’hui, et expose avec évidence la nécessité d’agir vite et fort : face au « plus grand défi de l’histoire de l’humanité« , il ne croit pas en une transition, mais en une révolution écologique et sociale.

Avec des concepts parfois forts pour marquer les esprits : « ne pas considérer l’écologie comme la priorité majeure de ce temps relève du ‘crime contre l’avenir’. Ne pas opérer une révolution dans notre manière d’être relève du ‘crime contre la vie' ».

Avec moins de chiffres et de faits que ceux exposés dans L’humanité en péril de Fred Vargas, cet ouvrage tourne autour d’une question cruciale : la volonté. Volonté politique, volonté individuelle. Il fait suite à un manifeste du même nom, publié dans Le Monde en 2018 et signé par 200 personnalités :

Quelques jours après la démission de Nicolas Hulot, nous lançons cet appel : face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, le pouvoir politique doit agir fermement et immédiatement. Il est temps d’être sérieux.
Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique.
Il est trop tard pour que rien ne se soit passé : l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent. Mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire.
Nous considérons donc que toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, annoncée et assumée, ne serait plus crédible.
Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux.
Nous proposons le choix du politique – loin des lobbys – et des mesures potentiellement impopulaires qui en résulteront.
C’est une question de survie. Elle ne peut, par essence, pas être considérée comme secondaire.
De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.

Cette volonté s’illustre par la dernière phrase de l’introduction : « Il est temps de regarder en face l’agonie de notre monde et d’être un peu sérieux ».

Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité, Aurélien Barrau, éditions Michel Lafon, 8€

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