Le CETA et Greta

Deux évènements viennent de s’entrechoquer : la ratification du CETA (au sujet de laquelle 74 députés se sont abstenus de voter) et le discours de Greta Thunberg à l’Assemblée nationale, boudé par certains parlementaires. Mais l’heure est-elle encore aux postures, aux hésitations, aux querelles de forme et aux polémiques futiles ?

Le CETA est ratifié par l’Assemblée nationale

La ratification du CETA, ce traité de libre-échange entre la France et le Canada, dont nous parlions ici, a été validée par l’Assemblée nationale hier, mardi 23 juillet 2019. Les « POUR » l’emportent avec 266 voix, les « CONTRE » sont au nombre de 213 et on compte 74 abstentions – on peut se demander comment, face à un sujet aussi important, et avec une responsabilité politique, il est possible de s’abstenir d’un avis tranché.

On note donc que les avis sont très partagés (55,5 / 45,5 si on enlève les abstentions), que les « POUR » n’ont pas la majorité absolue (48,1 % des suffrages totaux) et que les 74 abstentions auraient pu permettre de faire basculer la balance du côté du « NON ».

Aux dernières nouvelles, le traité interdit bien l’importation de viande issue d’animaux traités aux hormones, mais ne dit rien au sujet de l’utilisation des farines animales et des antibiotiques. Pour être sûr de la qualité des produits importés, il faudrait renforcer les contrôles, mais le CETA ne le prévoit pas. Pire : selon Sophie Devienne, agronome à AgroParisTech, en signant le CETA, on passerait de 20 % de « matières »  contrôlées à 10 %.

En tout état de cause, le CETA va contribuer à augmenter les flux de marchandises entre le Canada et l’Europe, et donc les émissions de gaz à effet de serre : on peine à comprendre cette décision alors que le gouvernement souhaitait rendre « our planet great again »… Précisons tout de même que, sur 304 membres du Groupe LREM, il y a eu 9 votre « CONTRE » et 52 absentions : du jamais vu !

Marielle de Sarnez (qui a voté « POUR ») a déclaré « qu’il ne pourra plus y avoir d’accords commerciaux comme celui-là à l’avenir »… Il s’agissait donc d’une dernière chance de passer entre les gouttes avant l’application de critères sanitaires et environnementaux plus stricts ?

Et Greta, dans tout ça ?

Greta Thunberg, c’est cette jeune Suédoise activiste de 16 ans qui, pour avoir été invitée à s’exprimer devant l’Assemblée nationale, a essuyé de nombreuses critiques : « prophétesse en culotte courte », « gourou apocalyptique », « Flipper le dauphin »… 

Ses détracteurs avancent qu’elle inciterait à sécher l’école (certes…), qu’elle serait manipulée par les lobbys verts (ce qui n’est pas vérifié) et surtout, qu’elle aurait un discours trop anxiogène. Des députés ont donc incité leurs collègues à boycotter son discours.

Mais enfin, la situation n’est-elle pas suffisamment problématique pour considérer l’avis de chacun sur la question ? Le fait d’inviter Greta Thunberg n’empêche pas, bien au contraire, de recevoir d’éminents scientifiques.

Chacun est bien sûr libre de sa position face à la question climatique, mais la détermination de la jeune Suédoise et sa maîtrise du sujet (elle doit sans doute connaître le dernier rapport du Giec par cœur) devraient tout de même inspirer certains politiques…

Visuel : pixabay

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