L’écologie doit-elle être directive ?

Oser poser la question est déjà compliqué…

On s’émeut devant des décharges de plastiques à ciel ouvert, hautes comme des buildings, et puis on achète nos légumes en barquette plastique. On a la larme à l’œil devant les orangs-outans qui meurent de ne pouvoir trouver de palmier pour vivre, et on se rue sur les gâteaux et pâtes à tartiner bourrés d’huile de palme…

Alors se pose la question : puisque nous ne sommes pas capables de nous réguler, doit-on nous contraindre ? Ou plutôt : à partir de quand devra-t-on le faire, puisque des mesures contraignantes (rationnement d’eau, d’électricité…) paraissent inévitables à court terme ?

La question, très sensible dans le pays inconditionnellement contestataire qui est le nôtre, a le mérite d’être posée alors qu’est mise en place, à Shanghai, une politique plus que directive concernant le tri sélectif des déchets.

4 bacs et des amendes

Depuis le 1er juillet, les habitants ont reçu 4 bacs à ordures de couleurs distinctes pour séparer les déchets humides, secs, toxiques et recyclables. En cas d’erreur, c’est 25 € d’amende pour un particulier, 65 000 € pour une entreprise. On ne parle plus que de ça à Shanghai… et même les plus remontés contre cette politique – évoquant « un despotisme environnemental, une écolo-dictature » – admettent qu’elle est « très efficace ».

Et il le faut : chaque jour, on compte 22 000 tonnes de déchets à Shanghai (contre 3 000 à Paris). Quand chaque Chinois jette deux paires de baguettes par mois, on atteint 80 milliards de baguettes en un an !

Toutefois, il semble que l’on n’ait pas suffisamment expliqué le pourquoi de la démarche et l’impact positif que cette politique allait avoir sur l’environnement.

Contraignante pour tous ? 

On peut regretter de devoir demander des efforts à certains alors que d’autres polluent allègrement : Shanghai baigne dans des fumées de soufre issues des usines, qui contribuent aussi aux 4 millions de tonnes d’eaux usées non filtrées déversées dans les rivières et canaux, principales sources d’eau potable de la ville.

Conclusion : à 70,5 millions d’habitants (Shanghai et son agglomération), pour protéger l’environnement, on ne préfère pas compter sur la bonne volonté et les bonnes actions : il faut des mesures contraignantes. Que faire avec 65 millions de Français ? 

Source : Slate, Wikipedia. Visuel : publicdomainpictures.net

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