Topo sur l’eau

Parce qu’on appelle la Terre « la planète bleue », on a l’impression que l’eau s’y trouve en abondance. Or, si l’eau recouvre bien la grande majorité de sa surface, les océans ne sont pas si profonds, ce qui rend le volume d’eau total disponible sur Terre finalement très faible.

Il tiendrait en réalité dans une sphère de 1 385 km de diamètre, soit un peu plus grande que la France.

Totalité de l’eau présente sur Terre
(source : Howard Perlman, USGS, Jack Cook, Woods Hole Oceanographic Institution, Adam Nieman)

Sur cette quantité, 97 % est salée. Il n’y a que 3 % d’eau douce. Notre sphère passe donc à une boule de 273 km de diamètre (cette mesure ne tient pas compte d’un gisement sous-terrain découvert en 2014 à l’état de glace). 

Eau douce

Mais toute cette eau douce n’est pas disponible pour la consommation humaine. Seule une sphère de 56,2 km de diamètre contiendrait toute l’eau douce disponible.

Totalité de l’eau douce disponible sur Terre

C’est dire si l’eau est précieuse. Le dérèglement climatique et l’accroissement de la population mondiale la rendent chaque jour un peu plus rare.

Stress hydrique

Nous nous sommes malheureusement « habitués », depuis des décennies, à voir les ravages de la sécheresse dans les pays les plus chauds d’Afrique, mais nous les considérions sans doute comme une fatalité et comme un péril lointain. 

Mais cet été, c’est un phénomène inédit qui s’est déroulé au sud de l’Inde, dans une grande métropole de 10 millions d’habitants : Chennai. L’eau qui d’habitude coule à flots, a vu ses réserves empiétées de 40 %. Un programme de restriction a été mis en place : les puits et points d’eau sont cadenassés, on ne peut tirer que 75 litres d’eau par famille et par jour, et l’ordre de passage est tiré au sort : les premiers ont une eau claire, les derniers raclent le fond du puits et remontent une eau boueuse. Certaines familles cotisent pour acheter des bombonnes d’eau ou faire passer des camions citernes de sociétés privées. Les dépenses liées à l’eau pèsent pour plus de 13 % dans le budget des ménages. Les restaurants servent les plats dans des feuilles de bananiers pour économiser l’eau de lavage des assiettes. Ces habitants sont en « stress hydrique », c’est-à-dire qu’ils disposent moins de 1 700 mètres cubes par personne et par an.

Une situation inquiétante en France

Le 26 août dernier, c’est en France, à Guéret (préfecture de la Creuse), que le maire, Michel Vergnier, annonçait : « Guéret n’a plus que 100 jours d’eau du robinet ». Pour compenser, de l’eau est pompée dans la rivière de la Gartempe et l’étang de Courtille, mais cela ne sera pas suffisant s’il ne pleut pas rapidement : il faudrait 3 mois de précipitations pour que les sources retrouvent un débit normal. On envisage le recours à des camions citernes d’eau potable.

Tendance pessimiste

Marillys Macé, directrice générale du centre de l’information sur l’eau en France, indique que « la sécheresse pourrait devenir chronique. Les débits des cours d’eau vont se réduire dans les cinquante ans qui viennent, entre 10 % et 40 %. On va avoir des températures qui vont s’élever et une baisse des précipitations en été ».

ON FAIT QUOI ? 

Il nous faut, par tous les moyens et à tous les niveaux, faire des économies d’eau : de l’ordre de -10 % en 2025 et -25 % en 2035.

Au niveau gouvernemental :
• mesures d’économie d’eau dans les règles de construction
• doublement du volume de récupération des eaux de pluie (passer de 19 000 m3/jour à 38 000. Nos voisins Italiens en sont à 800 000 m3/jour)
• étude de techniques innovantes visant à recharger les nappes phréatiques, par exemple avec des eaux usées traitées.
• création de zones de stockage d’eau, qui seraient disponibles en cas de sécheresse

Au niveau de l’agriculture (consommant, avec l’élevage, 70 % de l’eau disponible) :
• une irrigation plus raisonnée : des maraîchers en biodynamie ont investi 2 500 € pour équiper une partie de leurs parcelles d’un système d’arrosage en goutte-à-goutte, avec d’excellents résultats et une importante économie d’eau,
• des cultures qui ont besoin de moins d’eau.

Au niveau personnel 
• Toute une série d’éco-gestes permettent de réduire sensiblement notre consommation (et faire baisser notre facture !). Ils sont détaillés dans le kit « 100 gestes qui font de l’effet », disponible gratuitement pour les abonnés du blog.

Quant à dessaliniser l’eau des océans, ce n’est pas, à ce jour, un modèle économiquement fiable : selon les recherches de Fred Vargas dans L’Humanité en péril, même avec les techniques les moins énergétivores, il faut l’équivalent de 350 000 barils de pétrole par jour pour assurer la conversion d’eau salée en eau douce, pour une seule station.

Sources : Public Senat, Le Point, Wikipedia, Futura Sciences, L’Humanité en péril (Fred Vargas). Visuel : pxhere.

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