Almeria, l’usine à légumes

C’est le plus grand « verger » de l’Europe : les serres d’Almeria, au sud de l’Espagne, s’étendent sur 480 km2 (soit 5 fois la taille de Paris) et produisent non-stop une grande partie des légumes qui se retrouvent dans nos supermarchés. Cette culture intensive est une catastrophe écologique.

Le problème de l’eau

Les serres d’Almeria ont été construites sur une terre aride, dans l’une des régions les plus pauvres d’Espagne. Les cultures qui y sont produites demandent énormément d’eau et la région utilise 80 % de l’eau disponible pour les serres. Les exploitations puisent directement dans les nappes phréatiques : les premiers forages descendaient à 30 m sous terre, mais l’eau de mer ayant pénétré ces couches, de même que les pesticides, il fallait, dès 2007, creuser des puits allant à 600 ou 700 m.
Par ailleurs, les légumes étant eux-mêmes composés à 80 % d’eau en moyenne, l’Espagne exporte donc ses propres ressources naturelles d’eau en même temps que ses légumes.

Le problème social

On parle de recours à des travailleurs migrants et sans papiers : de 40 000 à 80 000 travailleurs illégaux, embauchés à la journée pour une trentaine d’euros. Leurs conditions de travail (pénibilité, exposition aux pesticides) et de vie (logements insalubres, bidonvilles sans eau ni électricité) nous font regarder les barquettes de tomates cerises achetées en hiver d’un autre œil.

Le problème des pesticides

Pour assurer une production non-stop toute l’année, on a recours aux pesticides. Fin 2006, des résidus d’un pesticide interdit, l’isophenphos méthyl, ont été décelés sur des piments exportés vers l’Allemagne, puis le Royaume-Uni, la Finlande et la Hongrie en ont également trouvé. Au Pays-Bas, on détecte un autre pesticide interdit sur des tomates, concombres et aubergines en provenance d’Almeria. Comme évoqué plus haut, les serres s’auto-empoisonnent puisque les pesticides s’infiltrent dans les nappes phréatiques contenant l’eau servant à arroser les cultures.

Le problème de la biodiversité

Couvrir l’équivalent de 47 000 terrains de football de plastique, allié à l’utilisation de pesticides, est évidemment une catastrophe pour la biodiversité. « Pas une herbe folle, pas un coquelicot, pas un arbre, pas un ruisseau, pas un chant d’oiseau, pas un battement d’aile de papillon dans cette campagne andalouse » décrit Stéphane Mansard dans Le Monde. « Au printemps, la moitié de mes insectes sont morts » indiquait une voisine des serres il y a plus de 10 ans déjà.

En attendant, les ouvriers récoltent sans discontinuer les légumes, évoluant avec leurs caddies le long des kilomètres de serres. Une personne sur deux, dans la région, travaille ici.

Une vidéo de 3 minutes permet de saisir l’ampleur du phénomène.

ON FAIT QUOI ?

• On se force, si possible, à acheter des fruits et légumes de saison, locaux et bio. Cela veut dire, par exemple, pas de tomates ou de cerises en hiver (mais on s’en passe très bien et on a plaisir à les retrouver en temps voulu !)
• On peut signer la pétition contre les serres chauffées pour les produits bio (déjà plus de 85 000 signatures).

Sources : Le Monde, Libération, Arte. Visuel : Bernhard Lang

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