Plan ÉcoPhyto : histoire d'un échec

En 2009, le gouvernement lançait un plan de réduction de l’utilisation des pesticides en France, avec pour objectif une baisse de moitié en 10 ans. En 2020, c’est l’heure du bilan.

En 10 ans, l’utilisation des pesticides n’a pas baissé, il n’est même pas resté stable : il a augmenté de 25 %. C’est un échec qui a plusieurs causes et plusieurs conséquences.

En cause : un manque de volonté politique et une influence des lobbies qui, cumulés, donnent l’impression qu’aucune transition agroécologique n’est possible et qu’aucune solution alternative n’existe. Or, dans tous les pays qui ont eu le courage de mettre fin aux pesticides, il y a eu une ou deux années difficiles, suivies de productions dont les volumes sont supérieurs à ceux de l’agriculture « conventionnelle », c’est-à-dire utilisant les ingrédients de la grande famille ds pesticides (fongicides, herbicides, insecticides).

Les conséquences sont désastreuses : ces 10 années sont une décennie de pollution supplémentaire à la fois pour les sols mais aussi envers la faune (lombrics, insectes…), contribuant ainsi à la raréfaction des abeilles (indispensables à la fertilisation et donc à la production de fruits et légumes) et des oiseaux.

Mais ce n’est pas tout : nous sommes dans une situation ubuesque. La demande des fruits et légumes bio augmente (près de +16 % entre 2017 et 2018, source : agence bio.org) et la France, ne s’étant pas préparée à la transition agroécologique, n’a pas les capacités de fournir ces fruits et légumes bio. Chaque année, on importe donc ces produits, dont la proportion augmente pour atteindre près d’un tiers du total des produits bio.

Catastrophe écologique, problèmes médicaux, manque à gagner pour l’agriculture française, importations polluantes : malgré un investissement de plus de 600 millions d’euros d’argent public, le plan ÉcoPhyto n’a finalement pas pu changer notre monde et ce sont 10 précieuses années qui sont parties en fumée. Pourtant, nous pourrions aujourd’hui nous réjouir que la France produise plus de 50 % de produits bio, voire bien plus.
Les intérêts de quelques multinationales distribuant les produits phytosanitaires semblent passer avant la question du vivant et de la santé publique. Jusqu’à quand ?

Source : lareleveetlapeste.fr. Visuel : CC0 Public domain

yannickgaillard

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